Sans surprise, une nouvelle étude de la RICS (Royal Institution of Chartered Surveyors) sur le marché de l’immobilier mondial au 1er trimestre 2020 anticipe de fortes baisses des loyers et des prix de vente pour le reste de l’année 2020 et au-delà. A quoi faut-il s’attendre exactement ? La réponse dans la suite de cet article.
Immobilier et Covid-19 : la confiance est en baisse
Le premier aspect révélé par l’étude de la RICS est la perte de confiance, à la fois des investisseurs et des bailleurs, à l’égard de l’immobilier au niveau mondial. Naturellement, cela est le résultat de la propagation de la pandémie de Covid-19. Sur les 34 pays inclus dans le périmètre de l’étude, 33 connaissent une forte détérioration de la confiance des locataires au cours des trois derniers mois.
Par ailleurs, chaque année, la RICS établit son indice global du marché locatif, ou « Occupier Sentiment Index » (OSI), un indice de mesure de la confiance des locataires. Dans le contexte de la crise sanitaire, ce dernier a chuté de 28 points en moyenne depuis le dernier trimestre de l’année précédente. Actuellement, il se situe dans un solde net moyen de -27 ! Du côté des investisseurs, on observe un peu la même tendance dans l’indice de la demande globale des investisseurs de la RICS (Investor Sentiment Index – ISI) qui se situe à -18. Cela représente une baisse 24 points par rapport au dernier trimestre 2019.
Les pays les plus fortement impactés
Paradoxalement, ce sont les pays les plus dynamiques avant la crise sanitaire sont les plus fortement impactés. En effet, ce sont principalement les zones qui suscitaient les plus fortes attentes en matière de valorisation avant la crise du Covid-19 qui sont les plus affectées par la perte de confiance globale. En termes de solde net, les chutes les plus importantes ont été enregistrées au Portugal, Grèce et Hongrie. L’indice de ces pays se situe respectivement à -90, -89 et -88. De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis ont enregistré une baisse importante de -72 points.
La perte de confiance a affecté de nombreux autres pays, comme le Japon (-67), l’Inde (-60), Singapour (-65), la France (-58) et l’Allemagne (-56). Par opposition, les pays qui s’en sortent relativement mieux sont les Pays-Bas (-38), les Emirats Arabes Unis (-31), le Royaume-Uni (-30) et la Suisse (-27).
L’immobilier commercial et d’entreprise durement touchés
De manière assez logique, les commerces de détail ont été les plus affectés par l’arrêt de l’activité dû au Covid-19. Le rapport de la RICS note aussi la forte détérioration de la confiance des investisseurs et des bailleurs sur le marché des bureaux. Sans oublier les actifs industriels, y compris logistiques, qui évoluent également négativement, mais résistent un peu mieux que les bureaux et les commerces de détail. Pour l’économiste en chef de la RICS, Simon Rubinson, « le Covid-19 a provoqué une dégradation importante de la confiance sur le marché mondial de l’immobilier d’entreprise ».